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Sittler : Dictionnaire Abréviatif Chiffré

Le Dictionnaire Abréviatif Chiffré de Sittler est certainement le système à répertoire le plus utilisé en France dans les années 1890-1920.
Dans ce répertoire ordonné, les groupes codiques sont formés par quatre chiffres ; les deux premiers sont le numéro de la page et les deux derniers correspondent au numéro de ligne.
Les correspondants doivent convenir eux-mêmes de la pagination du répertoire à adopter. Plus les pages sont choisies dans un ordre incohérent, plus le décryptement est difficile.

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Par exemple, le mot « Cantonnement » sera codé : 2405.
L'utilisateur pourra ensuite choisir une transposition de ces 4 chiffres, on parlera alors de surchiffrement. Il obtiendra par exemple 4250, 5402...
Un autre procédé de surchiffrement consistait à ajouter une « clé additive » c'est à dire un nombre préalablement communiqué à son interlocuteur que l'on rajoute aux groupes codiques, comme par exemple 1234, ce qui donnerait dans notre exemple 2405 + 1234 = 3639.
Pour brouiller les pistes, et ne pas écrire le message en groupes codiques de 4 chiffres qui amèneraient inévitablement les curieux sur la piste du Sittler, l'utilisateur pourra également rajouter au groupe codique un chiffre choisi au hasard.


Quelques pages du Sittler :

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Mode d'emploi du dictionnaire, disponible dans l'ouvrage :

CORRESPONDANCE SECRETE


La loi du 13 juin 1866 accorde au public la faculté de correspondre en chiffres par le télégraphe.


L'extrême importance de ce mode de communication ne peut échapper à personne. Il est aussi utile dans les relations de famille et les transactions commerciales, que dans les rapports diplomatiques.

Le Dictionnaire chiffré, de F,-J, SITTLER, composé dans le but de faciliter la rédaction des dépêches secrètes, renferme à peu près tous les mots et expressions d'un usage fréquent.

Pour employer le langage secret, au moyen de de Dictionnaire, il suffit d'indiquer à son correspondant la page et la ligne où se trouve le mot ou l'expression qu'on veut lui transmettre.

A cet effet, on adopte d'un commun accord, une pagination conventionnelle, en employant dans un ordre quelconque les numéros depuis 00 jusqu'à 99, et une combinaison également conventionnelle des deux chiffres de la page avec ceux de la ligne.


EXEMPLE : Supposons que la première page reçoive le n°82, l'expression : « Nous acceptons votre offre, » ligne 64, sera représentée :

par 8264

ou 6482

ou 8624

ou 6824

etc., etc.


C'est à dire que la page sera représentée, ou par les deux premiers chiffres ou par les deux derniers, ou par le 1er et le 3me, ou par le 2me et le 3me, etc., et la ligne par les deux autres.

On peut aussi, d'un commun accords, augmenter ou diminuer d'une ou de plusieurs unités, un quelconque des 4 chiffres du groupe.

Il est facile de se convaincre qu'on peut ainsi créer un nombre infini de clefs absolument indéchiffrables.

Les mots, syllabes et lettres, se suivent dans l'ordre alphabétique.

Les réunions de mots, locutions et expressions se trouvent à la suite du mot qui en forme le sens principal.


EXEMPLE: « Je vous préviens que » se trouve après le mot prévenir.


A la fin de chaque lettre, quelques lignes ont été laissées vides pour recevoir les mots ou noms propres qu'il pourrait convenir aux correspondants d'y ajouter.

Afin de comprendre dans le Dictionnaire le plus grand nombre de mots possible, il a été fréquemment porté sur la même ligne, tantôt le verbe et le substantif, tantôt l'adjectif et l'adverbe ; dans l'usage, le sens indique facilement lequel des deux mots on doit employer.

Les verbes figurent à l'infinitif et sont toujours traduits par le présent de l'indicatif, lorsqu'ils ne sont suivis d'aucune indication de temps.


EXEMPLE : « Nous marcher » se traduira par : « Nous marchons . »


Tandis que « nous marcher futur » se traduira par « nous marcherons. » Les verbes d'un usage très fréquent s'y trouvent d'ailleurs dans les principaux temps.

Les mots ou noms propres non contenus dans le Dictionnaire, doivent être syllabés. Dans ce cas chaque syllabe commençant par une consonne sera représentée par un groupe de 4 chiffres.

Les groupes représentant les lettres, les syllabes, les signes de ponctuation, les temps des verbes, se succèdent de la même manière que ceux indiquant des mots ou des expressions.

On obtient le compte des mots d'une dépêche télégraphique chiffré, en divisant la somme totale des chiffres par 5. Ainsi, 25 groupes de 4 chiffres ne comptent que pour 20 mots.



MODELE D'UNE DEPECHE CHIFFREE.


LAMBERT FRERES, Constantinople :

1900 7810 3893 4111 6406

0010 0647 0341 2246 7428


DUMONT.






Exemple :

Codons la phrase «Dans le but de calomnier le caïd de Béziers ». Cela donnerait (sans surchiffrement) grâce à la page du dictionnaire placée ci-dessous « 2320 2377 2361 2326 ». Cette méthode, si elle permet de faire quelques économies n'offrait pas forcément une sécurité exceptionnelle. Une étude des occurrences des nombres de plusieurs dépêches télégraphiques permettant selon le contexte de retrouver la numérotation des pages si cette dernière a été choisie de façon trop naïve.

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